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Le blog des jeunes communistes du Bas-Rhin
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Carrefour des luttes européennes : Les jeunes autrichiens bougent aussi !

Autriche ― La Crise, l’Austérité et le Conflit de classe


Le souffle de la rigueur  s’abat sur l’Europe. Aujourd’hui notre blog poursuit son tour d’Europe des luttes des jeunes en s’arrêtant chez nos camarades autrichiens. Cet exemple est intéressant dans la mesure où nous voyons bien comment dans ce berceau de la social-démocratie, le SPO - membre de l’internationale socialiste - gère la crise du capitalisme... au détriment de la jeunesse et du monde du travail. Le lecteur averti comprendra aisément ce qui pourrait se passer en France si le parti « socialiste » arrivait au pouvoir . Même si les situations autrichienne et française sont différentes, il est clair que ces deux partis ont le même socle idéologique : l’économie sociale de marché (
Soziale Marktwirtschaft) soit un capitalisme-pastis ( 5 doses de libéralisme, une dose de social)…


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Comme dans tous les autres pays européens, aussi en Autriche le gouvernement essaye de faire payer aux travailleurs et aux jeunes la crise capitaliste. Le pays a été durement touché par cette crise. En 2009, il était dans une profonde récession avec une forte diminution de la production industrielle. Et au début de 2009, le gouvernement avait dû intervenir avec des sommes colossales pour empêcher l'effondrement du système bancaire ébranlé. En dépit du renflouement énorme des banques privées, les problèmes ne se sont pas arrêtés là. Il y avait le risque constant d’un défaut de paiement des gouvernements d'Europe orientale, vu que leurs déficits publics ont augmenté d’une manière de plus en plus ingérable. Les banques et sociétés d’assurance privées autrichiennes jouent un rôle dominant dans le système financier de plusieurs pays de cette région, et donc l’insolvabilité d’un pays de l'Est de l'Europe aurait un effet immédiat sur le système financier autrichien. Comme dans la plupart des autres États européens, la dette publique de l'Autriche a atteint des niveaux records, et ce n'était qu'une question de temps avant que la coalition gouvernementale des sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs (ÖVP) ne commence à « consolider le budget ».



Budget 2011 : Quand un dirigeant social-démocrate s’attaque aux droits étudiants et aux familles populaires


La Constitution fédérale stipule que le gouvernement doit présenter ses propositions de budget au Parlement au plus tard à la fin d'octobre de chaque année. Or, comme d’importantes élections régionales (en particulier à Vienne) étaient prévues en septembre et octobre, la coalition avait peur qu'un tollé populaire contre les coupes leur ferait perdre encore davantage de voix que l'on pourrait s'attendre dans des conditions normales. Cela explique pourquoi le gouvernement a remis le débat et l'ensemble du processus parlementaire sur le budget jusqu'à décembre. Cependant, comme on aurait pu s'attendre, après les élections régionales de plus en plus de détails sur le budget ont été révélés. Lorsque le gouvernement a finalement présenté son projet budgétaire, il est vite devenu clair qui allait être forcé de payer pour la crise capitaliste. Le gouvernement dirigé, faut-il le rappeler, par le chancelier social-démocrate Werner Faymann a essayé de présenter le projet comme un bon exemple d’« équité socialement équilibrée », car tous les groupes dans la société aurait, selon lui, à contribuer à la consolidation du budget. Son but serait de résoudre la crise en s'appuyant sur ce qu'il appelle « justice et équité ». Les médias bourgeois ont fait tout leur possible pour soutenir ce point de vue. Aussi le chef de l'ÖGB (la confédération des syndicats autrichiens) a-t-il ajouté son soutien à cette campagne de propagande, déclarant qu'il était « heureux que de nombreuses demandes des syndicats ont été prises en compte dans ce projet de budget ».


Malheureusement, la vérité est toute autre. En particulier, les réductions sévères des prestations d'aide familiale pour les enfants et des allocations pour les jeunes au chômage ainsi que la suppression de toute prestation pour les étudiants de plus de 24 ans ont provoqué des protestations spontanées par les étudiants. Un jour après le projet de budget a été rendu public ― un dimanche ― il y avait une discussion en
 

direct à la télévision avec des représentants de tous les partis qui a débuté à 22 heures. En face de l'immeuble où la discussion se déroulait près de 5 000 étudiants s'étaient rassemblés pour manifester leur opposition. Ils ont même réussi à couper l'alimentation électrique pendant plusieurs minutes, l'émission cessant d'être émise. Quelques jours plus tard, le 28 octobre, 15 000 étudiants à Vienne et plusieurs milliers dans d'autres villes universitaires ont participé à des manifestations contre les mesures d’austérité.


Ce n'est pas seulement que le gouvernement envisage de réduire ces allocations, mais il met également en place une « réforme » générale du système universitaire qui signifierait la fin du libre accès aux Universités. Ils veulent introduire une « période d'entrée » où les étudiants seraient triés. Selon les plans du ministre des Finances, Josef Pröll (ÖVP), la majorité des étudiants ne devraient être autorisés qu’à passer une licence, la maîtrise étant réservée à une petite élite d’étudiants choisis.

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Ces manifestations étudiantes spontanées ont changé l'ensemble du débat public d’un jour à l’autre. À l'intérieur de tous les partis, des voix critiques s’élèvent désormais pour exiger des changements dans le projet, en particulier concernant les coupes dans les prestations familiales. Les conservateurs (ÖVP), qui se présentent toujours comme le « parti des familles », doivent faire face à une opposition dans leurs propres rangs. D'une importance primordiale est le fait que le président de la confédération des syndicats a été contraint par sa base de modifier sa position et critiquer ouvertement le projet de budget. Outre les réductions déjà mentionnées qui touchent directement les foyers, il y a aussi des coupes dans le système de l'assurance maladie et du remboursement des soins laissant 10 000 patients sans aucun soutien financier, une augmentation de l'âge de départ à la retraite, surtout pour les femmes, et une réduction des financements pour les Écoles, mettant un terme à toutes les réformes timidement progressistes de la ministre social-démocrate de l'Éducation.


Au printemps, le SPÖ avait forcé le ÖVP à accepter que 40 % de la consolidation du budget devraient provenir de nouvelles taxes et non pas des coupes dans le système de protection sociale. L'intention de la direction du SPÖ était de montrer à sa base et à l'aile syndicale du parti que la social-démocratie n'est pas prête à accepter 100 % du programme des conservateurs. Or, nous voyons maintenant que les taxes qu’on veut augmenter sont à nouveau des taxes de masse. Il y aura une augmentation de la taxe sur le carburant et les cigarettes, ce qui va clairement frapper les masses. Puis il y a la prétendue « taxe sur les banques » qui est censée rapporter quelque 500 millions d'euros. Le gouvernement l’a présentée comme la mesure la plus importante qui ferait payer ceux qui ont causé la crise. Toutefois, les banques ont déjà annoncé que cela conduirait à des frais bancaires plus élevés. Donc, une fois de plus ce sera au peuple de payer. En fait, c'est la fédération des industriels qui est très contente de ces plans budgétaires parce qu'ils ont été en mesure, eux, de défendre la plupart de leurs privilèges fiscaux.


Protestations et rôle des communistes dans les luttes : Une jeunesse communiste active malgré sa faiblesse avec un SPO sous pression !

 

Les étudiants ont réagi spontanément contre ces attaques et ont montré qu'ils étaient prêts à riposter. Le problème le plus important que nous voyons est une fois de plus le manque de leadership. L'année dernière, nous avons vu un mouvement très impressionnant, organisé par le bas contre la détérioration des conditions dans les Universités. Toutefois, ce mouvement n'a pas été en mesure de se donner une structure et un programme, ce qui a provoqué la frustration chez de nombreux militants. Cette fois-ci encore, les dirigeants des organisations étudiantes s'avèrent incapables de donner à la masse des étudiants une perspective. Pour une nuit, plusieurs centaines d'étudiants ont occupé ― à nouveau ― le plus grand amphithéâtre de l’Université de Vienne. Mais au lieu d'organiser un débat politique sur la façon de procéder, les partisans de la « démocratie de base » ont préféré  organiser une fête ! À cause de cela, l'initiative est maintenant derechef dans les mains de l’ÖH, le syndicat étudiant officiel, qui n'a aucun intérêt à des manifestations auto-organisées culminant dans des occupations et une grève de l'Université. Ce qu'ils ont fait, c’est d’appeler à une grande manifestation le samedi 27 novembre contre les coupes dans les prestations d'aides familiales.


Les communistes sont intervenus dans les manifestations avec un tract qui explique que nous devons tirer les leçons du mouvement de l'année dernière ; que nous avons besoin d'un programme clair, c'est-à-dire de lutter contre toutes les coupes et le budget d’austérité tout entier, de lutter pour le financement suffisant des Universités publiques et pour le libre accès à l'Université. En outre, le mouvement étudiant devrait rechercher activement des alliés en dehors des Universités, en particulier dans les syndicats. Également dans les Écoles secondaires, il y a plusieurs tentatives d'organiser un vaste mouvement. Le 19 novembre, il y a eu une grève des lycéens à Vienne et à Wels, et le 23 novembre les lycéens dans le Vorarlberg se sont mis en grève. Les militants de la Jeunesse communiste font de leur mieux pour construire le mouvement dans les Écoles.

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Une bataille décisive va également se développer au sein du SPÖ. Lors de son congrès en juillet, le parti a voté un programme de taxation des riches. Dans le projet de budget cependant, la plupart de ce programme a été abandonnée par la direction du parti afin de préserver la coalition avec les conservateurs. Les manifestations massives et les protestations étudiantes pourraient agir sur l'humeur au sein du SPÖ et obliger les dirigeants issus des syndicats et de la gauche du parti de retirer leur soutien au chancelier Faymann et au gouvernement.


Les communistes ne se lassent pas d’expliquer que la question de la direction des organisations de masse du mouvement ouvrier est le facteur décisif dans cette situation. Ils font le lien entre la critique des conditions sociales et les idée alternatives et progressistes, ils veulent améliorer concrètement les conditions de vie du peuple, mais perdent jamais de vue les grands objectifs de la lutte ouvrière et étudiante.

WW ( UEC Strasbourg )

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