27 Février 2012
Mardi 21 février, le Parlement français a approuvé le Mécanisme Européen de Stabilité (MES). L’UMP a voté pour et la quasi-totalité des députés socialistes s’est abstenu pour laisser la porte grande ouverte à un nouveau lot de mesures anti-populaires. Seuls les députés communistes rejoints par d’autres parlementaires de gauche ont voté contre.
La MES, c'est
quoi?
Le MES institue une modification des traités européens en vigueur sans qu’à aucun moment les peuples européens n’aient été consultés. Il permet, sous couvert de mécanisme de soutien budgétaire,
de généraliser l’austérité au sein des pays de l’Union Européenne en conditionnant des prêts à des plans de restructuration. Le modèle ? Celui qui a été mis en place en Grèce pour y affamer
son peuple.
Pourtant ni la façon dont il est imposé aux peuples d’Europe ni ce qu’il contient ne constitue une surprise. On s’était habitué aux pouvoirs exorbitants de la Commission Européenne impulsant des directives, comme celles de la privatisation des services publics, ainsi qu’au passage en force des traités comme celui de Lisbonne en 2007 malgré le refus des peuples français, néerlandais en 2005 puis irlandais en 2008.
Depuis ses débuts l’Union Européenne
(Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier à
ses débuts puis Communauté Economique Européenne puis UE) a été vendue comme le garant de la paix sur le continent comme pour mieux tromper les peuples. Construite dans la foulée
du plan Marshall, rassemblant les pays à la botte des américains, ses pays membres n’avaient alors jamais été autant militarisés avec des centaines de missiles nucléaires pointés sur les pays
socialistes de l’est de l’Europe. Le caractère éminemment politique et agressif de l’UE était déjà en marche.
Avec la restauration du capitalisme en Europe de l’est, son ciment anticommuniste s’est affaibli et au fur et à mesure des années le mythe d’une UE pour la paix s’est défait. Son lot de mesures anti-populaires oppressant les peuples s’est amplifié : mise en concurrence des travailleurs, privatisation des services publics, privatisation du système d’éducation,… Rien de social dans tout cela !
L’UE agit en fait comme un outil de l’impérialisme au service des grands groupes capitalistes, qui en brisant la souveraineté des Etats, s’attachent à conquérir de nouveaux marchés et mettre les travailleurs en concurrence entre eux.
Ainsi tout ce qui découle de l’Union Européenne, qu’il s’agisse de ses institutions ou de ses traités, recouvre un caractère anti-populaire. Par sa nature même l’Union Européenne ne peut être réformée en faveur des travailleurs des pays européens.
Avec l’approfondissement de la crise du capitalisme il est devenu presque impossible pour les tenants de l’Union Européenne de continuer à se cacher derrière de grands principes. Les plans d’austérité que l’UE a contribué à impulser en Grèce, en Italie, en Irlande ou bien encore au Portugal révèlent aux travailleurs d’Europe la nature éminemment capitaliste de l’UE et fait tomber peu à peu l’autre mythe : celui d’une Union Européenne « sociale ».
Plus que de s’attaquer aux conséquences des politiques de l’UE il s’agit désormais de prendre le mal par la racine.