2 Mars 2009
Comme à son habitude, l’AFGES joue son rôle de diviseur en cherchant une cassure fictive entre étudiants bloqueurs et étudiants anti-bloqueurs. Or, nous savons tous que la seule division qui existe à l’heure actuelle se situe entre les étudiants qui s’opposent à la casse du service public de l’enseignement supérieur et ceux qui souhaitent la privatisation rampante de nos facs. Les tentatives de déstabilisation de l’AFGES n’y feront rien.
Comme toujours, l’AFGES avec sa déclinaison nationale la FAGE, roule en faveur des intérêts du gouvernement. Tout le monde se souvient qu’en novembre 2007, la FAGE avait soutenu l’autonomie des universités ; loi contre laquelle les différentes assemblées générales, les syndicats étudiants, de BIATOSS et d’enseignants-chercheurs ainsi que les différentes coordinations de février 2009 (Rennes pour les Etudiants, Nanterre pour les enseignants) ont dénoncé à juste titre en exigeant l’abrogation de la loi LRU. Ce que L’AFGES et la FAGE ne supportent pas, c’est le fait d’être mis en minorité par l’ensemble du monde universitaire.
L’AFGES a choisi son camp : celui de la destruction du service public de l’enseignement supérieur, qu’elle ne se réfugie pas derrière le masque de la démocratie.
En effet, avec plus de 1200 étudiants en AG, le blocage a été reconduit massivement avec plus de 85 % de voix. Que cela leur en déplaise les assemblées générales sont le seul outil légitime d’expression des étudiants en période de mobilisation, même Valérie Pécresse l’avait reconnu en octobre 2007 !
De plus nous rappelons que le blocage est un outil pour amplifier le rapport de force au niveau national contre les projets réactionnaires du gouvernement, pas une fin en soit. Si effectivement il n’y a plus de cours, il se passe de formidables expériences d’éducation populaire avec de nombreuses conférences, projections, débats montrant que le Patio reste un lieu ouvert et d’échanges. Cela permet aussi aux étudiants de mieux s’organiser, d’amplifier et de se concentrer uniquement à leur lutte afin qu’un retour à la normale se fasse le plus rapidement possible quand le gouvernement aura retiré la loi LRU. Qu’on se le dise aussi !
Car s’il y a blocage aujourd’hui c’est à cause du gouvernement qui reste sourd aux légitimes revendications des étudiants et du monde universitaire. Le gouvernement veut pourrir la situation comme il le fait actuellement dans les DOM-TOM, mais les étudiants ne sont pas dupes. Ils sont unis pour dénoncer la casse de nos facs et soutiennent majoritairement le « blocage ».
De plus si l’AFGES veut aller sur le terrain de légitimité démocratique, nous pouvons que nous étonner, comment cette association peut-elle se prétendre représenter les étudiants alors qu’il y a eu plus de 80 % d’abstentions en décembre dernier lors des élections au conseil d’administration ?
Quand aux amalgames douteux concernant la mort d’un étudiant en 2006, nous appelons l’AFGES à ne pas instrumentaliser cette tragique disparition qui n’a rien à voir avec l’occupation lors du mouvement anti-CPE.