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Le blog des jeunes communistes du Bas-Rhin
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Position du MJCF 67 concernant les élections régionales de décembre 2015

Position du MJCF 67 concernant les élections régionales de décembre 2015
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Les 6 et 13 décembre prochains se tiendront les élections régionales dans tout le territoire français. À l’instar des élections départementales de mars dernier où les cantons ont été redécoupés et leur nombre drastiquement revu à la baisse, les régions de notre pays n’auront plus le même visage et nous voterons cette fois-ci dans le cadre d’une entité territoriale qui n’existe que sur le papier : l'ALCA, c’est-à-dire les trois régions du Grand Est, l’Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne qui seront fusionnées en une seule et même région. Premièrement, la logique de « l’Europe des régions » est poussée à l’extrême, favorisant encore une fois une concurrence absurde et mortifère entre les territoires, éloignant encore plus les centres de décisions et les élus de la population en créant des déserts autour des « Métropoles » comme l'Eurométropole Strasbourg qui est déjà une réalité et le Sillon mosellan en Lorraine par exemple. Deuxièmement, la démocratie et l’opinion de la population sont encore une fois balayées d’un revers de la main : avons-nous été consultés concernant cette fusion ? Bien évidemment que non. Pour rappel, les Alsaciens avaient déjà dit non à la Collectivité territoriale unique d’Alsace en 2013. Nous ne sommes plus à un déni de démocratie près.

Ainsi, nous nous positionnons résolument contre cette fusion des régions imposée par le gouvernement socialiste, cela va de soi. De même, nous comprenons les inquiétudes de la majorité des Alsaciens qui craignent de voir l’Alsace disparaître, fondue au sein de l'ALCA. Cette crainte est peut-être exagérée puisque rappelons-nous, la formation de la région Alsace ne date que de l’année 1972 et notre région a rarement été dans l’histoire une entité administrative unie et uniforme, pourtant elle dispose d’une forte identité qui se manifeste encore aujourd’hui. Nos craintes se situent plus dans d’autres domaines : le maintien du droit local et notamment du régime d’assurance maladie d’Alsace-Moselle - sujet qui est pris en main en ce moment par le PCF et la CGT avec notre soutien -, la place du bilinguisme dans l’enseignement qui est aujourd’hui insuffisante, la promotion de la culture régionale qui ne se limite la plupart du temps qu’à la mise en avant d’une marque « Alsace » et d’outils pour VRP. Quoi qu’on en dise, ce refus de la fusion des régions va diriger le vote d’une certaine partie des Alsaciens vers Unser Land qui fait de ce refus de la fusion son unique fonds de commerce ou pire vers l’abstention qui, nous en sommes certains, va encore avoisiner la moité des inscrits. Les forces progressistes de la région doivent s’emparer de la question des particularismes locaux au risque de s’éloigner de la population.

 

Par ailleurs, il est bien évident que la défense du particularisme alsacien-mosellan ne constitue par notre axe principal de campagne, nous en avons plusieurs ! Nous choisissons de mettre cinq thèmes en avant du ressort des compétences des régions :

 

– Les transports : À l’heure où la loi Macron ouvre la concurrence à la SNCF par la libéralisation des transports en autocars et où le rapport Duron annonce clairement la suppression de lignes ferroviaires régionales (TER), la bataille pour un service public des transports, de qualité et accessible à tous est un enjeu primordial. Alors que se déplacer pour étudier ou travailler relève déjà parfois du parcours du combattant, le droit au transport est de plus en plus remis en question dans notre territoire. Exigeons le maintien et le développement des réseaux de transports régionaux pour répondre aux besoins ainsi qu’une tarification solidaire qui les rendent accessibles à tous. Exigeons également la gratuité des transports scolaires pour les lycéens notamment.

Nous saluons la volonté de réouverture de la ligne TER ferrée entre Bollwiller et Guebwiller dans le Haut-Rhin. Mais qu’en est-il des autres lignes fermées depuis des années ? Comme les lignes Sarre-Union/Sarrebourg, Niederbronn-les-Bains/Bitche/Sarreguemines, etc. Nous voulons un transport ferroviaire efficace et non son remplacement par des liaisons en autocars aux horaires inadaptés à la population et qui brillent par leur inefficacité et leur non-fréquantation.

En octobre 2014 la région Alsace menée par le monarque local de droite Philippe Richert mettait en place une tarification préférentielle à 5€ pour les TER afin que la population puisse venir manifester à Strasbourg contre la fusion des régions. À titre de comparaison un aller/retour entre Strasbourg et Mulhouse coûte plus de 36€ sans carte de réduction. Pourquoi ce tarif n’est pas appliqué tous les jours par la région Alsace ?

 

– Les lycées : D’année en année, les moyens se réduisent dans les lycées et les conséquences sont dramatiques. Des classes surchargées, des bâtiments délabrés, non rénovés, et qui ne sont plus en capacité d’accueillir dignement les élèves. C’est le droit à l’éducation qui est mis à mal. Les régions peuvent contribuer à l’amélioration de nos conditions d’études. Cela passe par exemple par la gratuité du matériel scolaire, la tarification sociale de la restauration, la rénovation et la construction de lycées où cela est nécessaire. Cela passe aussi par le soutien aux dispositifs d’orientation pour permettre à chaque jeune de suivre la formation de son choix. Les régions peuvent également engager, avec l’éducation nationale, un examen de l’offre de formation pour la faire correspondre aux besoins des jeunes. De plus, il faut en finir dans le même temps avec les subventions accordées à l’enseignement privé. Les dispositifs d’aides publiques doivent être consolidés, étendus et renforcés, ils doivent également gagner en lisibilité. C’est de la défense du service public de l’éducation dont il s’agit !

Pourquoi la région Alsace est la seule, avec la Corse, où les manuels scolaires doivent encore être payés de la poche des familles des élèves ? Il faut que cela cesse !

 

– L’apprentissage : Les apprentis sont parmi les premiers touchés par la précarité. En effet, ils perçoivent une rémunération dérisoire alors qu’ils produisent directement des richesses dans les entreprises du fait de leur formation en alternance. De plus, rien ne leur garantit une embauche à la fin de leur contrat d’apprentissage et il est de plus en plus difficile de trouver une entreprise dans laquelle se former compte tenu de la « crise » du capitalisme. En clair, les apprentis sont souvent de la chair à patron, privés de droit, quasi gratuits et corvéables à souhait. Si la région ne peut pas tout changer, elle peut tout de même se porter garante d’un certain nombre de droits pour les jeunes en apprentissage. La gratuité du matériel est par exemple un élément important au regard du faible budget des apprentis. De plus, si les entreprises qui embauchent des apprentis perçoivent des aides de l’État, elles en perçoivent aussi bien souvent des conseils régionaux. Il faut dans ce cas instaurer un contrôle strict des fonds publics qui leur sont accordés pour ne pas encourager l’embauche d’apprentis en lieu et place de salariés.

 

– L’enseignement supérieur et la recherche : Si l’enseignement supérieur et la recherche ne relèvent pas directement des compétences de la région, de nombreux leviers sont à disposition pour défendre un service public efficace et de proximité assurant des conditions d’études dignes. La construction et la rénovation de bâtiments universitaires peuvent permettre de faire face aux demandes d’inscriptions croissantes et de lutter contre la vétusté de certains équipements. Le soutien aux sites universitaires délocalisés doit permettre à chacun d’accéder à l’enseignement supérieur près de chez lui. L’augmentation du nombre de logements universitaires via les CROUS avec des tarifs réellement sociaux est également nécessaire et les dispositifs de cautionnement solidaires doivent être accessibles à tous, y compris aux étudiants étrangers. Enfin, davantage de moyens peuvent être affectés auprès des assistants sociaux du CROUS pour lutter contre la précarité étudiante (via le financement de ticket de Restaurant Universitaire par exemple). De plus, les élus régionaux siègent dans les conseils centraux des universités et peuvent utiliser cette présence comme une tribune anti-austérité, en refusant de valider des budgets en baisse.
Enfin, les régions financent de plus en plus la recherche universitaire et donc une région progressiste pourrait multiplier de manière ambitieuse les financements et étendre les domaines de financement de recherches, notamment en Sciences humaines et sociales.

La région Alsace a financé à hauteur de 1,5 million d'€ la Maison universitaire internationale à Strasbourg, ultra-élitiste avec ses loyers totalement rédhibitoires. Et si cet argent avait utilisé de manière à ce que la majorité des étudiants de l'Université de Strasbourg puissent en profiter ?

 

– L’emploi : Le chômage de masse et la précarité sont désormais la règle pour une majorité d’entre nous. Les mesures et les contrats spécifiques nous sortent du droit commun et les attaques contre le droit du travail nous placent dans une position plus fragile que jamais. Face à cela les régions peuvent agir sur l’insertion professionnelle en créant des dispositifs d’accompagnement personnalisés et solidaires à la recherche d’emploi ou de formation, en partenariat avec les acteurs du territoire comme les missions locales par exemple. De plus, les entreprises des bassins économiques régionaux peuvent percevoir des aides publiques. Il s’agit parfois de grands groupes qui, s’ils sont des employeurs incontournables de nos territoires, sont aussi souvent les principaux destructeurs d’emploi pour engraisser leurs actionnaires. Dans ce cas, il est urgent d’instaurer une conditionnalité des aides accordées et un contrôle de l’utilisation de ces fonds, en termes d’embauches et de conditions de travail. Pas 1 € dépensé par les conseils régionaux en direction des entreprises ne doit venir combler l’appétit de la finance. Le soutien à l’économie locale doit être un soutien à l’emploi des jeunes et à la valorisation de leurs qualifications.

La lutte pour la conservation de l’emploi est quotidienne, souvenons-nous des luttes des travailleurs de Generals Motors, de Caddie ou de Senerval, sans oublier plus récemment les salariés de Basler Electric à Wasselonne qui à la mi-septembre se battaient pour conserver leur site, très efficace et bénéficiaire, menacé de fermeture par simple calcul à court-terme de la firme capitaliste américaine. La désertification industrielle doit être une bonne fois pour toutes stoppée !

 

Aux côtés de la liste « Nos vies d’abord » impulsée par le Parti communiste français dans le cadre de la stratégie du Front de gauche, les Jeunes communistes du Bas-Rhin s’engagent dans la campagne des élections régionales. Nous nous réjouissons de la présence de Patrick Peron, maire communiste d'Algrange (Moselle) et syndicaliste CGT en tête de liste régionale et de Hülliya Turan, tête de liste des communistes dans le Bas-Rhin.

C’est par un programme révolutionnaire de combat et de rupture avec les logiques capitalistes destructrices que nous vaincrons la droite et le Front national, tout en ne devenant pas la voiture balais des socialistes ! En effet, nous n’avons rien à faire avec ces « socialistes » fossoyeurs des acquis sociaux et laquais du MEDEF qui ouvrent une voie royale au Front national qui n’a plus qu’à se baisser pour ramasser les fruits du désespoir de la population ensemencées par les politiques anti-sociales du PS. La sociale-démocratie n’a rien de progressiste, nous le constatons depuis des années en Europe et encore plus ces derniers temps en Grèce notamment. Battre le FN doit être une de nos priorités, mais pas au prix de soutenir tacitement (ou non) la politique du PS, validée bien plus qu’on ne le croit par Europe Écologie-Les Verts, qui en ALCA ont refusé tout alliance avec notre liste.

 

Les 6 et 13 décembre prochains, votez pour la liste soutenue par le Parti communiste français menée par Patrick Peron et Hülliya Turan dans le Bas-Rhin !

 

 

Les Jeunes communistes du Bas-Rhin.

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