10 Mars 2016
Pour la venue d’Aliza Bin-Noun, ambassadrice d’Israël en France, ce jeudi 10 mars, l’IEP (Institut d’études politiques) Strasbourg a été « militarisé » avec de fortes contraintes pour les étudiants. La conférence à laquelle l’ambassadrice devait participer, organisée directement par SciencesPo et par l’association SciencesPo Forum (les mêmes qui avaient invité le député européen du FN Bruno Gollnisch au Palais Universitaire en février 2015), était ouverte seulement aux étudiants et anciens étudiants de l’Institut. Trois portes d’entrée ont été fermées, alors que la seule porte laissée ouverte était gardée par trois vigiles procédant à des fouilles systématiques et par la garde personnelle de l’ambassadrice. Un dispositif policier disproportionné faisait face quant à lui aux deux entrées principales de l’IEP et surveillait le rassemblement du CJACP (Collectif judéo-arabe et citoyen pour la paix) qui avait lieu à l’extérieur du bâtiment.
Les étudiants n’ayant bien évidemment pas reçu d’informations préalables quant au bouclage du bâtiment, étaient étonnés et se sont plaints à plusieurs reprises quant au dispositif sécuritaire disproportionné mis en place. Quelques étudiants, dont des militants de l’UEC, présents dans l’Institut, ont collé dans le bâtiment des autocollants « Freedom and Justice for Palestine », dont la plupart ont été arrachés par les personnels de l’administration. C’est donc ça la « liberté d’expression » telle qu’on l’apprend à SciencesPo ? On arrache les autocollants de soutien à la Palestine et on laisse la tribune à une haute autorité de l’Etat d’Israël, coupable de l’apartheid du peuple palestinien et de son massacre systématique ?
L’UEC Strasbourg dénonce l’invitation de l’ambassadrice d’Israël à SciencesPo Strasbourg lors d’une conférence sans contradiction à la tribune. Inviter la première représentante de la politique d’Israël en France et lui laisser le monopole de la tribune ne relève pas du débat d’idée mais de la propagande pure et simple. Après une conférence sur le gaullisme au XXIe siècle et la venue de Jean-François Copé, toujours sans contradicteur, cela fait beaucoup. Serait-ce le semestre de la droite et de l’extrême-droite à l’IEP Strasbourg ?
Nous dénonçons également la mise en place d’un dispositif sécuritaire disproportionné : combien cela coûte aux institutions strasbourgeoises d’accueillir ces ambassadeurs, ces anciens présidents, ces barons de l’impérialisme à chaque fois qu’une quelconque association les invite à se faire de la publicité auprès des étudiants et de la population ?
Nous soutenons le CJACP dans sa prise de position sur cette conférence et le rassemblement qui a été organisé cet après-midi en face de l’IEP : http://la-feuille-de-chou.fr/archives/86145
Union des Etudiants Communistes de Strasbourg